Ça y est, c'est fini ! 15 jours d'une aventure fantastique et une 29ème édition qui nous aura encore fait beaucoup rêver. Il est donc temps de dresser un bilan, un de ceux qui vous plient la course une bonne fois pour toutes... Et de dire : à l'année prochaine le Lac Rose !
Comme chaque année il y a eu de la casse sur le rallye. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui nous pousse à regarder le Dakar, non ? Bref, sur les 505 équipages au départ à Lisbonne, seulement 310 sont arrivés à destination. Si on était à l'armée on dirait que les pertes représentent 39% de l'effectif...
Enorme !
Et on n'oublie pas non plus que ce sont une fois de plus les motards qui ont payé la plus chère addition avec deux morts au compteur, Elmer Symons (après une lourde chute) et Eric Aubijoux (victime d'une syncope).
Petit résumé au cas par cas de la 29ème édition. Et si vous voulez accéder au classement général définitif, cliquez ici.
Moto :
Sur le Lac Rose c'est Janis Vinters qui signe le meilleur chrono. Déjà victorieux à Nema, il a tout explosé sur son passage pour marquer de son empreinte un parcours hyper roulant. Mais au classement général, cocorico ! C'est un Français, Cyril Despres, qui monte sur la plus haute marche du podium ! Pas mal pour quelqu'un qui avait bien mal commencé le rallye en cassant deux fois sa boîte de vitesses et en se perdant comme un bleu dans la brousse suite à des erreurs de navigation. Il faut également avouer que sans l'accident de Marc Coma à deux jours de l'arrivée il n'aurait pas été champion des champions mais seulement petit capitaine... Persévérance, c'est le mot qui revient sans cesse dans la bouche de Cyril qui n'a jamais douté qu'il gagnerait ce Dakar. A croire qu'il avait été voir une voyante avant de partir...
Derrière le double vainqueur (2005-2007), David Casteu, constamment resté en embuscade, confirme sur le Dakar la régularité dont il a fait preuve toute l’année : vice-champion du monde de rallye raid, il est également deuxième sur l’épreuve phare de la discipline, en conservant in-extremis une avance suffisante sur Chris Blais, l’Américain qui monte.
Dans le Top 10 du classement général, le team KTM Repsol, qui a perdu ses trois représentants en cours de route, fait figure de grand absent. Les défaillances en cascade donnent en revanche de l’espoir aux amateurs, qui sont sept dans l’élite resserrée et qui se sont montrés les plus rapides sur cinq spéciales cette année (Faria, puis Rodrigues et Vinters par deux fois). Parmi eux, le Portugais Helder Rodrigues, 5ème, s’adjuge la victoire dans la catégorie 450 cm3, devant le restaurateur corse Michel Marchini et le triple vainqueur de l’enduro du Touquet Thierry Bethys.
Le classement des novices du Dakar est remporté par le champion de France d’enduro, et vainqueur du Dakar enduro challenge FFM, Fabien Planet, qui se classe en douzième position du classement général. La compétition féminine, qui est restée animée par les six motardes engagées à Lisbonne jusqu’à Tambacounda, a été dominée de bout en bout par Ludivine Puy, 44ème au général.
Enfin, le classement spécifique aux quads, qui a perdu sept des treize concurrents engagés au départ, a été dominé par le Tchèque Josef Machacek, 65ème du classement général à Dakar.
Auto :
Qui se rappellera que c'est Giniel De Villiers qui a signé le meilleur temps de la dernière étape ? Pas grand monde. Ce qui est sûr, en revanche c'est que le sacre de Mitsubishi, qui signe une septième victoire consécutive, est déjà dans toutes les mémoires. « Peter » est en effet le number one des pilotes à une roue de « Lucio ». Heureusement que Jean-Louis Schlesser, avec son caractère de cochon et son pilotage de vieux renard, était là pour animer un peu le débat et talonner les Mitsu... Sinon qui aurait pu les faire douter ? Les Touareg de Volkswagen ? Oui c'est sûr puisqu'on a bien cru, jusqu'à la moitié du parcours, qu'ils pourraient s'imposer et mettre un terme à la série impressionnante de victoires des Pajero... Mais n'est pas maître du désert qui veut !
Seule ombre au tableau pour Mistu : le manque de réussite sur les étapes. Pas une victoire en effet sur les spéciales ! Sur cet objectif, qui peut paraître secondaire, le zéro pointé des Japonais tranche avec la razzia des Volkswagen, qui repartent avec dix premières places au total sur quatorze : cinq pour Carlos Sainz, quatre pour Giniel De Villiers et une pour Carlos Sousa, pilote privé d’un Race Touareg. Les Mitsubishi ont gagné la course sur les points intermédiaires se contentant d'attendre la faute de leurs adversaires et non en allant au combat... On a même vu les Stéphane Peterhansel et Luc Alphand douter grandement avant que les casses à répétition viennent paralyser les gars en bleu de chez Volkswagen. Incapables de rattraper les Touareg sur des milliers de kilomètres, ils ont bien cru qu'ils allaient y laisser leur réputation !
Quelques mots sur le team BMW X-Raid, qui était appelé à jouer un rôle d’arbitre et qui a enchaîné les désillusions : la rapide dégringolade de Kleinschmidt, qui comptait déjà 2h23 de retard sur le leader après deux étapes au Maroc, les tonneaux qui ont mis fin à l’aventure de Guerlain Chicherit, alors 6ème au général, puis une pénalité qui a exclu du Top 5 Nasser Al Attiyah, seul vainqueur d’étape de l’équipe.
Le classement des véhicules de production est remporté par le Japonais Jun Mitsuhashi, 25ème du classement général au volant d’une Toyota, avec une demi-heure d’avance sur Jean-Pierre Strugo (Nissan), dans une compétition où les cinq premiers sont longtemps restés concernés par le titre.
Camion :
C'est un nouveau venu dans le palmarès, Hans Stacey sur MAN, qui met fin à la série victorieuse des Kamaz en s'arrogeant une colossale avance de 3h10 sur son poursuivant direct. On ne l'attendait pas à ce niveau-là de la compétition mais Stacey a su profiter de l'accident de Vladimir Chagin puis de son abandon pour prendre la tête du classement et la conserver. Une autre surprise a marqué la course : les De Rooy père et fils, ont quitté le Dakar, victimes de sérieux ennuis mécaniques sur leurs GINAF. Ce n'était pas forcément des prétendants au titre mais ils avaient le mérite d'animer médiatiquement une course camions bien peu suivie par les caméras...
On passe aux révélations de ce rallye. A l’image de Loprais, vainqueur de sa première spéciale à Tambacounda, trois autres camionneurs se sont imposés pour la première fois sur des étapes du Dakar : les Néerlandais Wulfert Van Ginkel et Arjan Brouwer (2 fois dont l’ultime étape au Lac Rose) et le Français Philippe Jacquot, qui interrompt la domination batave.



