La rentrée littéraire n'en serait pas vraiment une sans un nouveau Bernard Werber. L'ancien journaliste scientifique, aussi prolifique par la plume que par la caméra (il vient de terminer l'adaptation cinématographique de « Nos amis les terriens » qui sortira en janvier prochain), nous livre son quinzième ouvrage.
Mais celui-ci ne se situe dans aucun de ses grands cycles qui ont fait la réputation du romancier (Le cycle des Fourmis, le cycle des Thanatonautes, le cycle du Père de nos Pères). Ici, pas de fourmis en guerre contre les termites, pas d'expérience de voyage par-delà la mort à la rencontre des anges, mais un retour à la SF pure et dure.
L'histoire : 144.000 personnes quittent la terre à la recherche d'une planète sur laquelle faire naître une nouvelle humanité. Le voyage doit durer 1000 ans dans un vaisseau de 32 kilomètres de long et 500 mètres de large. Un thème on ne peut plus classique de la SF déjà usé jusqu'à la corde par des auteurs comme Robert Silverberg ou Pierre Bordage. Mais Werber y insuffle sa touche personnelle avec notamment la création d'un micro-monde à l'intérieur du vaisseau, fait de lacs et de forêts.
Donner une seconde chance à l'humanité
Certes, le message philosophique est un peu grossier avec la notion de « peuple élu » qui doit donner une seconde chance à l'humanité - thème là aussi récurrent de la SF –, mais on lit ce livre avec plaisir comme tout Werber. Une fois lancé, on ne peut plus s'arrêter et peu importe si on est loin du grand Werber des Fourmis et des Thanatonautes, dans lesquels les questions posées étaient aussi intéressantes que la trame de l'histoire. Il manque un concept comparable à celui de l'Encyclopédie du savoir relatif et absolu, qui apportait une dimension scientifique intéressante à ses anciennes créations.
Ici, on a un scénario séduisant et un beau monde créé par un écrivain à l'imagination débordante et c'est à peu près tout. Mais c'est largement suffisant pour faire du Papillon des étoiles un bon bouquin de science-fiction. Entre un Philip K Dick et un Orson Scott Card, le dernier Werber nous apaisera les neurones !
Le Papillon des étoiles
Editeur : Albin Michel
Sortie : octobre 2006
Nombre de pages : 340
Prix éditeur : 19 euros



